La lettre de Note d'information
n° 52
Avril 2020
Editorial

L’équipe de l’AnticoPédie s’agrandit, et pour tout dire, double ses effectifs... puisque désormais nous sommes deux.

Bienvenue donc à …



...Jean-Guillaume Duflot, né il y a 45 ans à Lugdunum, auteur et pigiste depuis plus de 25 ans pour l'appoint, sinon salarié et commerçant depuis 20 ans.

Marqué, dans le bon sens du terme, par l'Odyssée en son jeune temps, il va néanmoins choisir le latin plutôt que le grec. Hommage aux ancêtres romains que nous avons tous ou volonté de redécouvrir la langue mère de ce splendide patois de latin qu'est, par naissance, le français ? En tout cas ce fut une vraie découverte, en dilettante heureux. Ce qui explique sans doute le niveau médiocre de l'individu dans la langue de Cicéron.

Avec la plupart de ses ancêtres originaires de la Seconde Lyonnaise (la Normandie actuelle), son atavisme l'a conduit à y demeurer depuis la fin de sa brouillonne, mais riche, période militaire.

Reconstitueur médiéval pendant dix ans, avec une spécialisation d'arc long, il a croisé quelques troupes d'évocateurs de la vie primitive ou gauloise se réunissant lors des raouts qui espèrent couvrir l'histoire d'un lieu, de l'Age du Bronze à Napoléon.

Le premier du nom, et son neveu, ont beaucoup utilisé les symboles de la République Romaine aussi l'intérêt porté par Jean-Guillaume à cette nouvelle période impériale, en Gaule du XIXe ap. J-C, se trouve renforcé par deux évidences: les âges de l'Histoire sont des conventions chronologiques et notre société est réellement influencée par les intellectuels grecs et les institutions latines, nés et morts il y a bien des siècles.

Voilà pourquoi il s'attache à souligner la porosité des frontières entre les époques pour arriver jusqu'à nos jours en suivant les traces de l'Antiquité.

Aimant écrire, mais pas taper, aimant l'Histoire mais pas la technologie surtout si elle est "nouvelle", il souhaite apporter sa pierre à l'édifice de l'AnticoPédie.

Ainsi donc, poursuivons notre chemin dans un nouvel élan!

Qui viendra se joindre à nous ? Tenté(e) par l’écriture, l’Antiquité, ou les techniques de l’internet?
Contactez-nous (accompagnement assuré).

René Kauffmann

www.AnticoPedie.fr On a retrouvé la tombe de Cléopâtre!

Elle était à Paris, dans le jardin de la Bibliothèque Nationale, rue Vivienne

L’Intransigeant, en juillet 1926, l’avait annoncé: lors de la Campagne d’Egypte (1798-1801) la momie de Cléopâtre fut découverte et Bonaparte la fit transporter à Paris, au Département des Monnaies, médailles et antiques de la Bibliothèque Nationale, rue de Richelieu. Mais lorsqu’elle dut être mise à l’abri dans les caves, pendant le siège de Paris en 1871, elle se décomposa si gravement que ses restes furent finalement enfouis dans le jardin de la Bibliothèque, côté rue Vivienne.



Cette information fut régulièrement reprise par différents auteurs, dans les premières décennies du XXe siècle, puis après la seconde guerre mondiale en 1945.

Toutefois, en 1952 le Figaro Littéraire la dément, prétendant que le corps enfoui dans le jardin était celui d’un soldat algérien tué lors d’une rixe, dans un café de la rue Vivienne, pendant la Commune de Paris.

Une enquête, en 1987, tourne court: le corps aurait été exhumé et incinéré. Mais l’information continue à circuler jusqu’à nos jours.
Qu’y a-t-il de vrai dans cette histoire? Parce que, reconnaissons-le, si nous la relatons aujourd’hui, c’est un peu parce que nous sommes... le 1er avril!

La Bibliothèque avait bel et bien détenu des momies, auxquelles des étudiants avaient familièrement attribué des noms tels que Ramsès, Aménophis, Osiris... ou Cléopâtre. Que ces momies, très dégradées, aient été enfouies vers 1871 dans le jardin de la rue Vivienne, n’a rien d’invraisemblable, et c’est ce qu’affirmait déjà le secrétaire général de la Bibliothèque en 1926.

Bref, on ne sait toujours pas où repose le corps de la dernière reine d’Egypte, et les annonces tonitruantes de ces dernières années, qui situeraient son tombeau sur le site de Taposiris Magna, attendent toujours d’être confirmées.

Cette histoire vous intéresse?

Lisez l’excellent texte de Julien Olivier, paru dans Hypothèses le 18 mars 2019!

Les épidémies dans l’Antiquité

Durant toute l’Antiquité, la notion d’épidémie reste très floue. Ignorant les micro-organismes, on les attribue à des perturbations de l’environnement, à des miasmes, à des punitions divines qui frappent aveuglément les hommes de toutes conditions ou des malédictions magiques, du genre "les dix commandements".

Dans Oedipe Roi, Sophocle (vers 495-406 av. J.-C.) évoque Thèbes ravagée par une maladie attribuée à la colère des dieux. Thucydide, dans son Histoire de la guerre du Péloponnèse, relate la peste d'Athènes qui frappa la Grèce de 430 à 426 av. J.-C. tuant des dizaines de milliers d’habitants, dont Périclès.
Mais un diagnostic précis est rarement possible et il vaut mieux prendre le mot "peste" dans son sens de "fléau". Il peut tout aussi bien s’agir de typhus, de fièvre typhoïde, de brucellose, etc.
La peste que nous connaissons aurait frappé au IIIe siècle av. J.-C. les rives orientales et méridionales de la Méditerranée, et à nouveau l’Egypte et son voisinage en 127 av. J.-C.


Les Philistins frappés par la peste, Nicolas Poussin, 1630

A Rome

Dès la période républicaine, on évoque des épidémies dramatiques, dont les victimes étaient jetées dans le Tibre ou dans les fossés entourant la cité. Dans une ville grandissante, avec des quartiers populaires surpeuplés, on ne peut s’étonner que des maladies diverses se propagent périodiquement.

Au IIe siècle de notre ère, la population atteignait 750 000, et peut-être un million d’habitants.
L’épisode le plus connu est celui de la "peste antonine" qui frappa Rome entre 165 et 190, durant les règnes de Marc-Aurèle et de Commode. Dion Cassius, un historien grec, parle de 2 000 victimes par jour, mais ce chiffre est peut-être exagéré, et résulte aussi de famines et des attaques des Germains qui marquent cette époque. Certains auteurs, cependant, estiment que les épidémies auraient joué un rôle majeur dans le déclin de l’empire.

On dit que la peste se manifesta pendant l’attaque des Parthes par Lucius Verus en 166, que l’armée romaine dut alors se retirer malgré sa victoire en Séleucie, et rapporta à Rome la maladie qui se diffusa dans tout l’Empire.
Après une période de pause, l’épidémie se ranime sous le règne de Commode, laissant l’Empire affaibli, mais aussi désemparé. Il faut considérer que la plupart des Romains n’avaient qu’une vision locale de ces épidémies qui semblaient venir de nulle part. Ils ne pouvaient généralement ni s’attendre à leur arrivée, ni connaître leur expansion.

Au IIIe siècle de notre ère, entre 250 et 271, l'Empire subit une nouvelle épidémie majeure, la "peste de Cyprien" (du nom de l'évêque de Carthage qui la décrivit), à laquelle succombent les empereurs Hostilien et Claude II le Gothique. En fait, il s’agirait vraisemblablement d’une épidémie de variole. On se débarrasse des cadavres précipitamment, dans des fours à chaux bâtis à la va-vite, ou sur des bûchers...

Une inscription romaine découverte en Lydie (en Turquie actuelle), évoque une épidémie d’oreillons en 173-174 ap. J.-C. "Faisons un voeu pour la guérison des oreillons (parotidon) de Threptos!". Bien avant cela, Hippocrate (Epidémies I et III) avait notamment évoqué une telle épidémie à Thasos vers 410 av. J.-C.

La peste bubonique, qui terrorisera le monde pendant des siècles n’apparaît en Europe qu’au VIe siècle de notre ère (peste de Justinien), venant d’Egypte, via le Proche-Orient.

Le monde romain… au Moyen-âge

La déposition d'un empereur fantoche en 476 n'a pas pu stopper les institutions romaines d'un seul coup: en Gaule, en Grande-Bretagne, en Maurétanie et en Dalmatie, des pouvoirs explicitement romains vont se perpétuer.

La fin de l’Empire romain d’Occident


Romulus Augustus, empereur
d’octobre 475 à septembre 476,
déposé par Odoacre
Romulus Augustule ("le petit Auguste", comme l'ont surnommé ses contemporains) est le dernier empereur d'Occident à avoir été proclamé, en octobre 475. Mais quand il est destitué l’année suivante, son prédécesseur Julius Nepos trône encore dans un palais de Dalmatie, protégé par la Légion du Danube. Si ce dernier a été déposé par les Barbares en août 475, il est parvenu à s'enfuir à travers la mer Adriatique. Or son collègue l’empereur d'Orient Zénon, qui règne à Constantinople de 474 à 491, n’a reconnu ni la déposition de Julius Nepos, ni la nomination du "petit Auguste".

Zénon apporte ainsi à Julius Nepos une reconnaissance diplomatique qui couvre la moitié du Monde connu, ce qui permet de considérer Julius Nepos comme le dernier empereur de Rome. Un complot l’abat en 480, puis les Barbares d'Odoacre débarquent en Dalmatie deux ans plus tard.

Julius Nepos, empereur
de 474 à 475 et de 476 à 480

La puissance romaine ne s’éteint pas pour autant


Il semble que c'en soit fini des Romains d'Occident. Ce serait oublier qu’en Grande-Bretagne, le quasi-mythique Ambroise Aurélien, un chef de guerre breton (la Bretagne étant notre Angleterre), utilise les bribes de tactiques de cavalerie laissées par Rome pour vaincre les Saxons.



À bientôt sur nos pages!


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D’autres Saxons, installés en Bessin - la région de Bayeux - vont eux aussi expérimenter dans leur chair le vieux savoir-faire romain ; le général romain Syagrius (430-486 environ), après avoir vaincu ces Barbares de la rive sud de la Manche, va employer les mêmes méthodes afin de repousser les Francs du roi Ragnachaire.



Syagrius porte-t-il vraiment le titre de "roi des Romains" lorsqu’il est vaincu et mis à mort par Clovis? Oui, s'il faut en croire les clercs qui rédigent le récit des victoires de Clovis, non si l'on se souvient combien les citoyens romains tenaient en mépris ce titre qu'ils considéraient archaïque et ne reconnaissaient qu'aux chefs de peuples barbares.

La victoire de Clovis à Soissons ne clôt pas l'ère romaine sur la Gaule. Le roi franc n'entre qu'en 488 à Paris et s'arrête sur les berges de la Seine. C'est seulement en 497 qu'un arrangement est passé avec les vestiges de l'armée romaine qui contrôlent les forêts profondes aux confins du Maine et de la Normandie actuels.

Enfin, au sud de la Méditerranée, une alliance entre Maures, Berbères et Romains continue de lutter contre le royaume Vandale par des raids qui descendent des zones montagneuses. Ce royaume disparaîtra définitivement en 533, vaincu par l'armée byzantine du général Bélisaire.
Les protagonistes...

Une remarque en passant : voici un pluriel qui devrait paraître singulier si j’ose dire, puisque le protagoniste, dans le théâtre grec, est l’acteur qui tient le rôle principal. Peut-il donc y en avoir plusieurs?

Ambroise Aurélien (Ambrosius Aurelianus)

Ce légendaire chef de guerre des années 435 à 460 environ, issu d’une famille bretonne romanisée, conduit la résistance des troupes bretonnes face à l'invasion des Saxons. Cet épisode introduit son successeur, Uther Pendragon, père du roi Arthur...

Syagrius est le fils d'un officier romain qui s’est éloigné du pouvoir impérial et qui mourut en 464. Il hérite d’une partie de la Gaule, dont la capitale est Soissons.

A partir des années 480, les querelles avec les Francs se multiplient. Le nouveau roi des Francs Saliens, Clovis, s’attaque à la Gaule en commençant par le territoire de Syagrius. La bataille de Soissons (avec l’épisode du célèbre vase) marque la fin du dernier état gallo-romain libre.