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Editorial - 1er septembre 2016

Quand les singes cueillent le safran

On imagine sans peine la perplexité des archéologues lorsqu’ils découvrent un objet inconnu ou incomplet. A quoi peut-il bien servir? Si vous connaissez notre jeu du Cékoistruc, vous savez qu’il faut de l’intuition, mais surtout des compétences pointues et une bonne culture générale.

Par exemple, pour nos "Cékoistrucs", Google-qui-sait-tout ne vous apporte a priori pas beaucoup d’aide...

Le cékoistruc n°7.

Il arrive aussi que les connaissances, insuffisantes au moment de la découverte, s’enrichissent par la suite et viennent remettre en cause la première interprétation.

Ainsi, quand Sir Arthur Evans découvrit en Crète, dans le palais minoen de Cnossos ces fragments de fresques (entourés de blanc ci-dessous), il les interpréta comme un jeune homme récoltant le safran.



Il a fallu découvrir d’autres fresques où des singes bleus étaient fréquemment représentés pour comprendre le vrai sens de la fresque, désormais corrigée ainsi:



Un fragment de la queue du singe, passé inaperçu à l’origine, était d’ailleurs visible...

A mesure qu’elles progressent, les connaissances et les méthodes d’analyse conduisent souvent à revoir la datation d’un objet ou sa provenance, voire à statuer sur son authenticité. Le métier d’archéologue impose donc, de plus, beaucoup de prudence et d’humilité.

Mais finalement, n’en est-il pas ainsi pour chacun de nous? Ne faut-il pas savoir remettre en cause même nos certitudes? Il y a 2 000 ans, les philosophes nous l’enseignaient déjà. Puis vint le temps des doctrines.

Et c’est justement aujourd’hui, alors les convictions de certains conduisent encore à des massacres, que les auteurs antiques disparaissent du programme des collèges. Dommage.

René Kauffmann


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Le nez de Cléopâtre en 3D
Dans notre lettre de mai, nous constations que les musées exposaient peu de monnaies antiques, alors qu’ils en possèdent souvent de riches collections. Est-ce parce que les visiteurs leur accordent peu d’attention ? C’est ce qu’a pensé le musée Saint-Raymond de Toulouse qui, avec son dynamisme habituel, a récemment mis en place une présentation qui pourrait changer les choses.

Constatant que les visiteurs délaissaient vite les monnaies pour se tourner, dès leur entrée dans la salle, vers la galerie des portraits en marbre, le Musée a voulu attirer leur attention sur le fait que les monnaies sont, elles aussi, des portraits. Il a mis en place, dans l’une de ses vitrines, une application informatique qui, tout d’abord, rend ces monnaies plus visibles et en souligner les points d’intérêt ; sur l’écran tactile, le visiteur peut faire défiler les monnaies, les grossir, afficher des précisions sur chacune.

Plus encore, trois des bustes de marbre ont été modélisés. Sur l’écran, le visiteur peut manipuler ces sculptures et lire d’autres informations,


et surtout, il peut les mettre en correspondance avec le portrait qui figure sur les monnaies, jusqu'à superposer les deux profils.


Cette réalisation a réuni, autour du Musée Saint-Raymond, les compétences d’IMA Solutions (scannerisation), de Tataragne interactive (développement), et d'Emilie Cazin Design (conception de la vitrine). Images © Emilie Cazin Design

Du coup, l’intérêt est décuplé: on constate la ressemblance entre les visages, et l’on comprend aussitôt comment les monnaies romaines, qui portent le nom du personnage représenté, peuvent être utilisées pour identifier un buste jusque-là anonyme. Une tâche qui ne peut que séduire le détective qui sommeille en chacun de nous!

Peut-on aller encore plus loin? Au cours des dernières années, la modélisation 3D a fait d’énormes progrès. Simulation (par exemple pour visualiser des statues antiques avec leur vraie couleur), restitution et réalité augmentée (vision des bâtiments dans leur état d’origine)...
Qui n’a pas vu un documentaire soulignant, à propos de l’illustre reine Cléopâtre, que l’on ne dispose pratiquement d’aucun portrait d’elle, si ce n’est un buste qui se trouve à Berlin, quelques représentations égyptiennes qui n’ont rien d’un portrait, et quelques monnaies?

Si l’on peut obtenir facilement un "profil de médaille" à partir des informations d’un modèle 3D, est-il possible, inversement, de "remonter" du portrait de la monnaie antique, bien identifié, à un buste 3D?
Oui, du moins dans une certaine mesure, car l’opération demande d’ajouter des informations manquantes. En particulier, la monnaie antique représente seulement le personnage de profil, et jamais de face. On sait manipuler les visages, c’est ainsi que l’on reconstitue aussi celui d’une momie à partir de son crâne, mais la précision ne dépasse guère celle du bon portrait-robot des enquêtes policières. Ce n’est déjà pas si mal.

Ainsi, depuis une dizaine d’années, la presse nous présente "le vrai visage" de Cléopâtre, de Tout-Ankh-Amon, d’Henri IV et autres personnages mythiques, reconstitués à partir de l’imagerie de l’époque, des descriptions, des sculptures, et - lorsqu’on a la chance d’avoir pu l’identifier - de leur squelette. Et nous pourrons même bientôt les côtoyer et bavarder avec eux, puisque les lunettes 3D arrivent sur le marché...

Un nouveau Cékoistruc: le n°21 !
1er octobre 2016



Cet objet est certes grec, mais, une fois n'est pas coutume - pas antique. il a été en usage entre le début du 19e siècle et jusqu’au milieu du 20e. Très récemment donc !

Comment s'appelle-t-il, à quoi sert-il ?

A vous de jouer!


Votre portrait en 3D ?


Les imprimantes 3D se multiplient et vous pouvez désormais obtenir une monnaie "à l’antique" ou une statuette à votre image, comme les empereurs romains !


© Repliqua 3D

En 2013, c’est à Toulouse (encore) que la société Digiteyezer a mis en place le premier "Photomaton 3D" français. Aujourd’hui, plusieurs sociétés vous offrent la possibilité d'obtenir votre buste ou votre figurine en pied.

Le prix de l’opération reste encore élevé (de quelques dizaines à plusieurs centaines d'euros), et si la séance de pose ne dure que quelques minutes, le traitement des données, la modélisation, la réalisation de l’objet et sa finition (parfois en couleur!) demandent un peu de patience... Mais tout de même !

...Et toujours...

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