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Editorial - 1er mars 2016

Savoir ou croire ?

On ne compte plus les théories audacieuses émises par des non-spécialistes qui ne rencontrent que scepticisme auprès des scientifiques, et ce dans tous les domaines.

Il est dans la nature de l’homme d’être fier des capacités qu’il détient, qu’il s’agisse de ses performances physiques ou de son savoir: il faut bien se valoriser à ses propres yeux. Quand donc un amateur croit pouvoir damer le pion aux professionnels, il en est ravi et ne voit souvent, dans les obstacles auxquels il se heurte, que l’arrogance d’une collectivité de savants qui tient à protéger son pré carré.

Que certains esprits renommés aient rejeté une théorie innovante, cela s’est déjà vu. Que, chez des non-scientifiques, l’envie de croire prenne le pas sur le rationalisme, cela s’est vu aussi, et il n'est pas toujours facile de se faire une opinion.

Ce n’est pas la première fois que vous trouvez dans cette lettre une thèse controversée, car le but est surtout de vous offrir une lecture originale et distrayante. Laissons ensuite aux gens compétents (dont je ne suis pas) le soin de trancher, et de publier des lectures sérieuses !

René Kauffmann


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Un temple grec qui tourne sur son axe?
L’énigme du temple de Bassae

La construction des temples grecs ne devait rien au hasard, ni dans leur architecture, ni dans leur emplacement et leur orientation. Ils abritaient le culte des dieux, mais illustraient tout autant l’harmonie entre l’Homme et l’univers.

Le temple de Bassae est situé dans le Péloponnèse, plus précisément dans les montagnes qui dominent la région d’Olympie. Dédié à Apollon Epikourios, il reste une construction mystérieuse à plus d’un titre.

Tout d’abord, il est orienté nord-sud, alors que la majorité des temples sont orientés est-ouest. Et pourquoi a-t-il été construit à l’écart de toute voie de communication, ce qui le rend aujourd’hui encore difficile d’accès?

(ci-contre: K. Kotsanas, fondateur du Musée des Technologies des Grecs de l’Antiquité, au temple de Bassae


Ensuite, si son péristyle est composé de colonnes de type dorique bien conformes à son époque, on trouve à l’intérieur deux rangées de colonnes d’ordre ionique, dont les dernières encadrent une unique colonne corinthienne, qui serait la plus ancienne du genre. Pausanias, grand voyageur, dit qu’il fut construit par Actinos, l’un des architectes du Parthénon, mais les scientifiques en doutent. Un point commun avec le Parthénon cependant: ses bas-reliefs se trouvent eux aussi aujourd’hui au British Museum!

Mais ce temple conserve encore un autre mystère, profondément caché dans ses fondations, que les scientifiques ont parfois présenté comme un défaut sans en comprendre le sens profond.

Quand l'archéologue Frederick A. Cooper effectua quelques sondages sur les fondations en 1972, il constata quelques éléments étranges. L'édifice repose sur un socle inhabituel. Sous le côté est du temple, à une profondeur de deux mètres, se trouve un soubassement de roche taillé avec soin et descendant vers le sud, constituant un plan incliné. Du côté sud, les choses sont différentes: le temple repose sur des débris, une couche composée principalement d’argile jaunâtre et de galets. Il en résulte que tout le temple peut glisser en pivotant lentement autour d'un axe situé dans l’angle sud-est.

Pour permettre ces déplacements, toute la base du temple est constituée de dalles jointives reliées entre elles par des agrafes métalliques gainées de plomb (des attaches similaires ont été observées dans la base du temple d'Athéna Pronaia à Delphes, connu sous le nom de Tholos).

Pourquoi le temple d'Apollon à Bassae a-t-il été ainsi conçu?

D'après le mathématicien Stelios Petrakis, la rotation du temple ne doit rien au hasard, mais a été provoquée de manière délibérée.

Il affirme qu'il s’agit d’un effet soigneusement prémédité par les anciens bâtisseurs. La dalle qui supporte le temple aurait été conçue selon des calculs très minutieux en prévoyant le poids de la structure et son mouvement de rotation, de sorte qu’il pivote chaque année d’un angle de 50,2 secondes.
C’est sur ce point que repose sa théorie spectaculaire, parce que cet angle correspond à l’angle annuel de précession des équinoxes, ce phénomène astronomique qui décale la position du nord géographique dans le ciel, et qui correspond à un tour complet tous les 25760 ans.

Ce phénomène résulte du fait que l’orientation de l’axe de rotation de la Terre n’est pas figée par rapport à l’écliptique (le plan qui contient le Soleil et la plupart des planètes), mais décrit un cône, comme celui d’une toupie dont le mouvement a été perturbé.

Les bâtisseurs du temple auraient parfaitement compris ce mouvement et auraient conçu la fondation du temple en conséquence, afin qu’il puisse pivoter et accompagner dans le temps le mouvement de précession des équinoxes en restant toujours orienté vers le nord géographique de la Terre.
Voilà ce que soutient Stelios Petrakis, dont les travaux en cours seront prochainement soumis à la Société mathématique de Patras.

Si l’on en juge d’après les plaques qui composent le soubassement, le temple pointait bien, il y a 2400 ans, vers l’étoile Alpha de la constellation du Dragon qui marquait le nord géographique. Vise-t-elle aujourd'hui l’étoile polaire (Alpha de la petite Ourse)? Oui, dit Stelios Petrakis en expliquant: "J’ai constaté le phénomène le 2 août 1972.

J’ai attendu patiemment le crépuscule, placé derrière l'autel circulaire qui se trouve à l'intérieur du temple. Quand les étoiles sont apparues, j’ai vu, en prolongeant mentalement les deux colonnes du milieu de la face nord vers le ciel, exactement au centre, l’étoile polaire actuelle, l’Alpha de la Petite Ourse"...

Aux esprits prudents qui trouveraient invraisemblable cette théorie sur une rotation calculée du temple, il répond que les calculs mathématiques et astronomiques peuvent nous rappeler que, parfois, la rationalité et l'arrogance scientifique nous font exclure a priori des idées qui, aussi incroyables soient-elles, pourraient bien être vraies (éditions Istoriognwsia).

Le temple de Bassae est, depuis des années, en cours de restauration, protégé par un vélum... Espérons qu’il retrouvera un jour l’air libre du Péloponnèse.

Et si la vérité était plus simple?


Et si, tout simplement, les bâtisseurs avaient adopté d’emblée la conception qui sera reprise, 2500 ans plus tard, notamment pour la construction de l’immense pont haubané de Rion-Antirion qui franchit le golfe de Corinthe, pas très loin de là, et qui repose également sur des dalles autorisant des déplacements horizontaux en cas de séisme?

Les Grecs n’ont peut-être pas inventé le temple giratoire astronomique, la rotation du bâtiment s’est peut-être accomplie de manière fortuite au fil des séismes successifs fréquents dans la région. Mais si même ils n’ont développé qu’une méthode de construction parasismique efficace, l’exploit est déjà remarquable!

Voici notre Cékoistruc n°20 !
1er avril 2015



Facile, direz-vous ?

Peut-être... mais que savez-vous à son sujet ?

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Un nouveau quiz (n°9):

1er février 2015


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